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Une nouvelle question indigène outre-mer ? | Benoît Trépied - 15 mai 2012

Un article en ligne de Benoît Trépied, publié le 15 mai 2012, à lire sur le site laviedesidées.fr ;

Amérindiens de Guyane, Mahorais de Mayotte, Kanak de Nouvelle-Calédonie, insulaires de Wallis-et-Futuna et de Polynésie : les populations indigènes ont été les oubliées de l’Année des Outre-mer. Mais entre indépendance, autonomie, droits spéciaux, leur présence ancienne dans la communauté nationale amène aujourd’hui une variété de solutions qui font de ces « confettis d’empire » des laboratoires des modes de l’appartenance nationale.

Après les vives controverses mémorielles de 2005, la question de l’héritage colonial en France a effectué un retour nettement moins polémique sur le devant de la scène publique en 2011, à l’occasion de la très conventionnelle « année des outre-mer ». Les hommages posthumes de la nation aux grandes figures antillaises de l’anticolonialisme, en particulier, ont contribué à rouvrir le débat postcolonial français, mais sous un angle bien spécifique : celui de la question noire, voire, plus précisément encore, celui de la problématique du « legs de l’esclavage » aux Antilles, en Guyane et à la Réunion, mais aussi en métropole [1]. Cette interrogation sur les transformations des rapports sociaux nés de l’esclavage dans les « vieilles colonies » – entre maîtres et esclaves, puis entre leurs descendants – constitue l’un des deux piliers incontournables de la question postcoloniale dans la France contemporaine. Elle est le pendant des débats sur la colonisation française en Afrique et sur l’immigration postcoloniale, qui problématisent la notion de legs colonial à l’aune d’un autre clivage majeur, instauré dans les « nouvelles colonies » à partir du XIXe siècle : l’opposition indigène / citoyen [2].

Lire la suite sur le site www.laviedesidées.fr

Intérieur d’une case dans la tribu de la Tiendanite, dont était issu le leader kanak Jean Marie Tjibaou, Province Nord, Nouvelle Calédonie. ©Jean-François Marin/fedephoto.com

[1] Voir le séminaire « Actualité d’Aimé Césaire » coordonné par Eric Fassin et Louis-Georges Tin à l’École normale supérieure et les journées d’études consacrées à Franz Fanon à l’Université Paris 3 (19 novembre 2011) et à l’ENS (27 mars 2012). Cf. également Françoise Vergès, La mémoire enchaînée. Questions sur l’esclavage, Paris, Albin Michel, 2006 ; Jean-Luc Bonniol, « Les usages publics de la mémoire de l’esclavage colonial », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n°85, 2007, p. 14-21 ; Audrey Célestine, « Mobilisation et identité chez les Antillais de France. Le choix de la différentiation », Asylon(s)], n°8, 2010.

[2] Jean-François Bayart, Romain Bertrand, « De quel “legs colonial” parle-t-on ? », Esprit, décembre 2006, p. 134-160 ; Romain Bertrand, Mémoires d’empire. La controverse autour du « fait colonial », Bellecombe-en-Bauges, éditions du Croquant, 2006 ; Ahmed Boubeker, Abdellali Hajjat (dir.), Histoire politique des immigrations (post)coloniales. France, 1920-2008, Paris, Ed. Amsterdam, 2008 ; Catherine Coquery-Vidrovitch, Enjeux politiques de l’histoire coloniale, Marseille, Agone, 2009. L’historiographie impériale française distingue classiquement les « vieilles colonies » esclavagistes d’Amérique et de l’Océan Indien, fondées sous l’Ancien Régime, des « nouvelles colonies » d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, conquises au XIXe siècle (à partir de la prise de possession d’Alger en 1830).

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