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Mise en ligne du numéro de septembre 2013 du bulletin d’informations et de veille du réseau DIALOG - 23 octobre 2013

Le bulletin du réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtones-réseau DIALOG est disponible au téléchargement en cliquant ici.

Un compte-rendu du second workshop international organisé par l’équipe SOGIP - consacré au thème du Territoire et des industries extractives - par Suzy Basile, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et Denis Vollant, Institut Tshakapesh est disponible en pages 16 et 17 de ce numéro du bulletin du réseau DIALOG.

Nous reproduisons ici le compte-rendu publié par le réseau DIALOG :

« LE SOGIP EN DIALOGUE AVEC LES PEUPLES AUTOCHTONES » 2Eme ATELIER INTERNATIONAL SOGIP PARIS, 18 AU 21 JUIN 2013

Par SUZY BASILE, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC EN ABITIBI-TÉMISCAMINGUE ET DENIS VOLLANT, INSTITUT TSHAKAPESH

Une délégation du Réseau DIALOG a participé au 2e atelier international « Les peuples autochtones et leurs droits à la terre : politique foncière, enjeux des politiques du patrimoine, industries extractives », organisé par le groupe de recherche international SOGIP, placé sous la responsabilité scientifique de la professeure Irène Bellier, Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales, CNRS/EHESS, Paris. L’événement s’est tenu à Paris du 18 au 21 juin 2013. Le SOGIP (www.sogip.ehess.fr) : Scales of governance, the UN, the States and Indigenous Peoples : Self-determination in the time of globalization / Échelles de gouvernance, les Nations Unies, les États et les Peuples Autochtones ; l ́autodétermination au temps de la globalisation, est un partenaire de DIALOG depuis 2011. DIALOG avait également participé au 1er atelier qui s’est déroulé en juin 2011. Un texte de Jean Leclair publié dans le Bulletin de novembre 2011 en rendait compte.

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Près de 70 participants de divers pays des cinq continents ont participé activement à cet événement, incluant quelques représentants des Peuples autochtones. Plus d’une trentaine de conférences ont été présentées sous les trois thématiques suivantes : 1) Politique foncière, droits collectifs et reconnaissance territoriale ; 2) Politiques de patrimonialisation : les enjeux de la conservation de la biodiversité et du patrimoine culturel en territoires autochtones ; 3) Industries extractives : du conflit au partenariat ? Ces sujets sont tirés des thèmes qui chapeautent les 46 articles de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones (2007) qui fait maintenant l’objet de nombreuses tentatives de mise en œuvre à l’échelle internationale. Le colloque a débuté par une conférence d’ouverture fort attendue du distingué professeur d’anthropologie monsieur Arturo Escobar qui a exposé des concepts tels que l’ontologie politique des territoires (mondes relationnels) ; le droit à la terre des Peuples autochtones ; le développement et la globalisation ; le « plurivers », le « buen vivir » et l’émergence souhaitée d’autres modèles de vie que le néolibéralism, auxquels les peuples autochtones contribueraient de manière significative.

La première session portant sur les politiques foncières, les droits collectifs et la renaissance territoriale a débuté par une introduction de madame Irène Bellier, membre fondateur du SOGIP et du comité organisateur de ce colloque, afin de mieux comprendre les changements qui se sont produits depuis l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La suite de cette session a donné lieu à des discussions sur le concept du lien particulier à la terre qu’entretiennent les peuples autochtones via la présentation de certains mouvements autochtones qui se sont démarqués. Ainsi, diverses stratégies de mobilisation et de revendications autochtones de pays d’Amérique du sud et centrale tels que la Guyane française, l’Argentine, la Bolivie, le Pérou, le Mexique, de l’Australie ainsi que du Canada ont été exposées. Deux membres de la délégation du Réseau DIALOG, mesdames Caroline Desbiens et Irène Hirt en collaboration avec le Comité patrimoine ilnu de Mashteuiatsh, ont fait une présentation remarquée intitulée « Tshishipiminu : l’occupation ilnu de la rivière Péribonka et les dynamiques du développement hydroélectrique québécois. » Enfin, l’ensemble de ces présentations aura permis de mettre en lumière ce lien si particulier et fondamental qu’entretiennent les Peuples autochtones avec le territoire tout en exposant les multiples tentatives d’exploitation et de dépossession territoriale dont ils ont été la cible, de même que les moyens entrepris pour y remédier. Malgré certains progrès, les différents travaux démontrent clairement que la dépossession se poursuit au vu et au su des gouvernements.

La deuxième session portant sur les politiques de patrimonialisation a permis de faire un tour du monde (Afrique, Amérique du sud, Océanie et l’Inde) d’aires protégées, de réserves, de sanctuaires et de parc nationaux créés sur des territoires ancestraux autochtones ou revendiqués par ceux-ci. Tel que démontré par les présentations données sur le sujet, derrière les objectifs de conservation peuvent se cacher des enjeux d’appropriation des terres et des ressources naturelles et culturelles à des fins d’exploitation économique, touristique ou pour la recherche scientifique. Certains Peuples autochtones y voient une chance de sauver ce qui reste de leur patrimoine matériel et immatériel, d’autres de saisir l’opportunité de participer aux structures de cogestion et de gouvernance mises en place sur leurs territoires ancestraux. Il y a certes une volonté de retrouver un équilibre entre la conservation et le respect des droits des Peuples autochtones. Des discussions portant sur la cartographie (de l’occupation humaine des territoires comme des ressources naturelles qui s’y trouvent) en tant qu’outil de contrôle pour les gouvernements mais aussi de revendication pour les Peuples autochtones, sur l’établissement de réserves pour protéger les tigres en Inde au détriment des espaces occupés par les populations autochtones locales et sur l’exploitation minière en Australie, qui a causé la disparition de nombreux pétroglyphes aborigènes, ont permis de mieux comprendre les enjeux liés aux efforts de conservation versus la défense des droits à la terre des Peuples autochtones. Un bémol : les présentations se sont limitées aux politiques officielles et aux programmes gouvernementaux existant qui prennent difficilement en compte les effets directs qu’ils ont sur les peuples autochtones. Ces derniers tentent, tant bien que mal, à assurer des services et des programmes comparables à leurs concitoyens dans les pays concernés.

La troisième session portant sur les activités des industries extractives de ressources naturelles, principalement minières, a suscité plusieurs discussions de fond et a permis de mettre en lumière nombre d’enjeux autour du droit à la « consultation et au consentement libre et éclairé » dont sont supposés jouir les Peuples autochtones. Des études de cas de l’Afrique du Sud, du Canada, de l’Australie, de l’Inde, du Mexique, de la Russie et de l’incontournable Nouvelle-Calédonie ont été présentées et ont également provoqué plusieurs questions sur la relation entre l’émergence des mouvements autochtones et leur mobilisation nationale/internationale, et les nombreux conflits miniers tant historiques qu’actuels. Parmi les conséquences de l’exploitation minière sur les territoires autochtones notons, entre autres, la contamination, les changements sociaux, les déplacements de population, la criminalisation des opposants, la surveillance paramilitaire des sites d’exploitation et la disparition des ressources non renouvelables. Certains bénéfices non négligeables ont également été discutés, soit l’atteinte (par les redevances) de la souveraineté économique, donc politique, pour certains peuples autochtones en quête d’autonomie, un développement économique par la création d’emplois, une reconnaissance des droits autochtones par la signature d’ententes entre des groupes autochtones et les compagnies minières, ou l’État dans certains cas. Toutefois, le réel défi demeure dans l’atteinte de l’équilibre entre ces différents éléments et les intérêts des partis en cause. À mots couverts, les travaux pourraient perpétuer la marginalisation des peuples autochtones car ces derniers ne devraient pas avoir à se battre sur le principe du droit à la consultation et au consentement libre et éclairé puisque qu’il s’agit d’un droit fondamental pour tout humain, qu’il soit autochtone ou non, femme, homme, riche ou pauvre.

Au final, la participation des membres du Réseau DIALOG à ce colloque aura une fois de plus permis un partage d’expertises et de connaissances par une présentation de deux d’entre eux et un retour et une diffusion des informations acquises par d’autres via la rédaction de ce compte rendu.

Les représentants du Réseau DIALOG avec la directrice du SOGIP, hôte du colloque. De gauche à droite : Denis Vollant (Institut Tshakapesh) , Suzy Basile (UQAT), Irène Bellier (EHESS), Irène Hirt (Université de Fribourg) et Caroline Desbiens (Université Laval)-Photo © réseau DIALOG
Les représentants du Réseau DIALOG avec la directrice du SOGIP, hôte du colloque. De gauche à droite : Denis Vollant (Institut Tshakapesh) , Suzy Basile (UQAT), Irène Bellier (EHESS), Irène Hirt (Université de Fribourg) et Caroline Desbiens (Université Laval)-Photo © réseau DIALOG

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